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L'Italie abaisse ses prévisions de croissance, les finances publiques sous pression
information fournie par Reuters 22/04/2026 à 17:11

Vue de la ligne d'horizon de Milan au coucher du soleil à Milan

Vue de la ligne d'horizon de Milan au coucher du soleil à Milan

par Giuseppe Fonte et Gavin Jones

L'Italie a abaissé ‌mercredi ses prévisions de croissance économique pour 2026 et 2027 en raison de la guerre au Moyen-Orient et de la flambée ​consécutive des coûts de l'énergie.

Le gouvernement attend désormais une progression du produit intérieur brut (PIB) de 0,6% pour cette année et l'an prochain, a indiqué le ministre de l'Economie Giancarlo Giorgetti aux journalistes à l'issue d'un conseil des ministres réuni pour approuver ​le Document des finances publiques (DFP).

Rome prévoyait auparavant une croissance de 0,7% en 2026 et de 0,8% en 2027.

"Nous ne sommes pas confrontés à des circonstances normales, mais ​à des circonstances tout à fait exceptionnelles", a déclaré Giancarlo ⁠Giorgetti, évoquant le conflit en cours au Moyen-Orient.

La troisième économie de la zone euro a fortement rebondi après la ‌pandémie de COVID-19, aidée par des mesures de soutien lancées par Rome, mais est depuis retombée parmi les plus atones du bloc monétaire.

Pour 2028, Giancarlo Giorgetti a dit viser une progression du PIB ​de 0,8%, ce qui marquerait la sixième ‌année consécutive de croissance sous la barre de 1%.

La faiblesse économique pèse sur les ⁠finances publiques du pays. Le Fonds monétaire international (FMI) a prévenu que l'Italie afficherait cette année le ratio dette/PIB le plus élevé de la zone euro, à 138,4%, dépassant ainsi celui de la Grèce (136,9%).

Selon Giancarlo Giorgetti, le déficit public devrait atteindre 2,9% du ⁠PIB cette année, contre ‌2,8% attendu auparavant, et 2,8% en 2027 contre une prévision initiale de 2,6%.

Selon les nouvelles estimations du ⁠gouvernement, la dette publique va augmenter à 138,6% du PIB cette année et l'an prochain, après 137,1% en 2025.

Plus tôt ‌mercredi, le bureau national de la statistique ISTAT a confirmé que le déficit public avait atteint 3,1% ⁠du PIB en 2025, douchant les espoirs que Rome puisse sortir de la procédure ⁠disciplinaire de l'Union européenne pour "déficit excessif".

Sortir ‌de cette procédure aurait signifié que, si l'UE décidait d'assouplir les règles budgétaires à un stade ultérieur pour aider les ​États membres à faire face à la crise énergétique, l'Italie pourrait ‌utiliser cette marge de manœuvre supplémentaire sans s'exposer à de nouvelles mesures disciplinaires.

Jusqu'à présent, la Commission européenne a exclu d'activer une "clause d'échappatoire générale" de ​ses règles budgétaires qui avait permis aux États membres de faire face à la pandémie de COVID-19 entre 2020 et 2023.

Dans ce contexte, l'Italie a laissé entendre qu'elle pourrait recourir à une "clause d'exemption nationale" permettant aux États membres de ⁠négocier avec Bruxelles des objectifs de déficit plus élevés en réponse à des circonstances externes exceptionnelles, ou d'augmenter ses dépenses de défense.

Selon Giancarlo Giorgetti, le gouvernement pourrait approuver une taxe exceptionnelle sur les groupes énergétiques afin de financer des mesures de soutien destinées à aider les ménages et les entreprises à payer leurs factures d'énergie élevées.

"Nous sommes confrontés à un monde qui nous présente des défis exigeant une réponse rapide", a-t-il dit.

(Giuseppe Fonte et Gavin Jones, Mara Vîlcu et Blandine Hénault pour ​la version francaise, édité par Augustin Turpin)

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